Ce qui a changé en septembre 2025
Jusqu'en août 2025, le CMG était un forfait mensuel, fixé par tranche de revenus et par âge de l'enfant, assorti d'un reste à charge minimum de 15 %. Ce système a disparu. Le calcul est désormais horaire et continu, calqué sur celui des crèches PSU : l'objectif affiché par la réforme est de rapprocher le coût d'une assistante maternelle de celui d'une place en crèche.
Quatre changements concrets en découlent :
- Le reste à charge minimum de 15 % est supprimé.
- Le montant ne dépend plus de l'âge de l'enfant : le calcul est identique de 0 à 6 ans, alors que l'aide baissait auparavant après 3 ans.
- L'aide s'adapte au nombre d'heures réellement effectuées, au lieu d'un forfait identique quel que soit le volume d'accueil.
- Le plafond journalier de 5 SMIC horaires est remplacé par un plafond horaire, qui ne fait plus perdre l'aide.
Qui peut en bénéficier
Deux conditions se cumulent : au moins un parent du foyer exerce une activité professionnelle, et l'enfant a moins de 6 ans. Les périodes de chômage indemnisé, de formation professionnelle rémunérée et les indemnités journalières de maternité, paternité, maladie ou accident du travail sont assimilées à une activité.
Tout ce qui suit concerne l'emploi direct, c'est-à-dire le cas où vous êtes l'employeur de l'assistante maternelle ou de la garde à domicile. Le CMG dit « structure », versé lorsque vous passez par une micro-crèche, une association ou une entreprise, suit d'autres règles et n'a pas été modifié par la réforme.
La formule
Le CMG couvre la différence entre le coût de l'accueil et une participation calculée sur vos ressources. Trois lignes suffisent :
- Participation horaire = ressources mensuelles × taux d'effort × (tarif horaire réel ÷ 4,91 €)
- Reste à charge = participation horaire × heures du mois
- CMG = coût de l'accueil − reste à charge
Le tarif horaire réel, c'est le coût net total de l'accueil divisé par le nombre d'heures. Il comprend le salaire net, l'indemnité d'entretien et les frais de repas : c'est bien le coût complet qui sert de base, et non le seul salaire. C'est le point sur lequel les erreurs sont les plus fréquentes.
Le repère de 4,91 € est le coût horaire de référence fixé au niveau national au 1er avril 2026. Quand vous rémunérez à ce niveau, votre reste à charge équivaut à celui d'une place en crèche. Au-dessus, la participation augmente proportionnellement.
Le barème des taux d'effort
Il est identique à celui des crèches PSU et diminue quand le nombre d'enfants à charge augmente :
- 1 enfant à charge : 0,0619 %
- 2 enfants : 0,0516 %
- 3 enfants : 0,0413 %
- 4 à 7 enfants : 0,0310 %
- 8 enfants ou plus : 0,0206 %
Les ressources retenues sont encadrées par un plancher et un plafond, revalorisés chaque année par la CNAF : en dessous ou au-dessus, c'est la borne qui sert au calcul. Pour 2025, la CAF indiquait un plancher de 815 € et un plafond de 8 500 € par mois. Un enfant bénéficiaire de l'AEEH fait appliquer le taux de la tranche immédiatement inférieure, autant de fois qu'il y a d'enfants concernés dans le foyer.
Deux exemples officiels
L'Urssaf publie ses propres cas chiffrés. Le premier concerne une famille avec un enfant à charge, dont l'accueil est rémunéré au coût horaire de référence :
- Coût mensuel de l'accueil : 540,10 €
- CMG versé : 313,06 €
- Reste à charge : 227,04 €, avant crédit d'impôt
Le second montre l'effet de la réforme sur une famille monoparentale : une mère élevant seule un enfant de 7 ans, 3 000 € de ressources mensuelles, 40 heures d'accueil par mois. Avant, elle ne touchait rien et payait 361,47 € par mois, cotisations comprises. Son CMG s'élève désormais à 120,63 € et son reste à charge à 73,37 €.
Les cotisations ne sont pas à votre charge
Pour une assistante maternelle agréée, la CAF ou la MSA prend en charge 100 % des cotisations sociales, dans la limite du plafond horaire. Elles n'apparaissent donc jamais dans votre reste à charge — sauf pour la part de rémunération qui dépasse 8,09 € de l'heure, dont les cotisations correspondantes vous reviennent.
Trois nouveautés à connaître
Le complément transitoire. Si vous perceviez le CMG avant la réforme et que le nouveau calcul réduit votre aide à dépense égale, un complément transitoire peut être versé. Il est automatique, sans démarche, et la somme du CMG et de ce complément ne peut pas dépasser 90 % du coût total de l'accueil.
Le CMG jusqu'à 12 ans pour les parents isolés. Depuis le 1er septembre 2025, si vous vivez seul avec votre enfant, le CMG en emploi direct est ouvert jusqu'à ses 12 ans, dans les mêmes conditions que de 0 à 6 ans. C'est ce qui permet de couvrir les temps périscolaires, les mercredis et les vacances.
Le CMG partagé en garde alternée. Chacun des deux parents peut bénéficier du CMG dès lors qu'il emploie directement la personne qui garde l'enfant. Le montant est calculé indépendamment pour chacun, selon ses propres ressources et son propre besoin d'accueil.
Et le crédit d'impôt
Il porte sur ce qui reste réellement à votre charge, après déduction du CMG et de toute participation de votre employeur ou de votre CSE. Il vaut 50 % de ces dépenses, dans la limite de 3 500 € par enfant de moins de 6 ans, soit jusqu'à 1 750 € par an. L'erreur la plus fréquente consiste à déclarer le coût brut sans avoir soustrait le CMG.
Pour chiffrer votre situation, le simulateur CMG et reste à charge applique exactement cette formule. Et pour replacer le CMG dans le budget complet, notre article sur le coût réel d'une assistante maternelle déroule le calcul du salaire jusqu'au reste à charge final.
