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Sécurité affective : ce que la charte nationale attend de vous

Devenir une figure d'attachement pour l'enfant accueilli n'est ni une dérive ni une trahison envers les parents : c'est ce que la charte nationale attend de vous, et elle a force de loi depuis 2021.

Mis à jour le 18 août 2026 4 min de lecture
La charte nationale pour l'accueil du jeune enfant a force de loi depuis 2021

Un texte qui vous oblige, et qui vous protège

La charte nationale pour l'accueil du jeune enfant, créée par l'arrêté du 23 septembre 2021, n'est pas une brochure de bonnes intentions. Elle a valeur juridique et s'applique à tous les modes d'accueil, y compris au domicile d'une assistante maternelle. Vous devez en décliner les principes dans votre projet d'accueil, et la PMI le vérifie lors de l'agrément comme du renouvellement.

Le texte nomme explicitement l'attachement, et dans des termes qui surprennent par leur fermeté : le respect du besoin d'attachement affectif de l'enfant, de la stabilité des liens, des lieux et des temps est une priorité devant laquelle les logiques administratives et gestionnaires doivent s'ajuster. Autrement dit, ce n'est pas à l'enfant de s'adapter à l'organisation, mais l'inverse.

Vous devenez une figure d'attachement, et c'est voulu

Beaucoup d'assistantes maternelles se sentent coupables du lien fort qui se crée, et beaucoup de parents s'en inquiètent. Les deux se trompent de sujet. Un jeune enfant qui passe dix heures par jour chez vous a besoin d'une base affective sûre pour explorer : sans elle, il ne joue pas, il surveille. La sécurité affective n'est pas un confort, c'est la condition de tout le reste.

Le rapport des 1000 premiers jours va dans le même sens : une organisation où chaque enfant dispose d'un adulte référent durable permet non seulement de mieux répondre à ses besoins, mais renforce aussi la relation de confiance entre parents, enfant et professionnels. L'accueil individuel possède là un avantage structurel : la référence unique y est naturelle.

Familiarisation plutôt qu'adaptation

Le référentiel national de la qualité d'accueil, publié en 2025, préfère désormais le mot familiarisation à celui d'adaptation. Le changement n'est pas cosmétique : adapter, c'est demander à l'enfant de se plier à un lieu ; se familiariser, c'est prendre le temps de faire connaissance, dans les deux sens. La présence du parent pendant les premières séances, la progressivité des durées, le fait de garder les repères de la maison au début — doudou, rituel, mots employés — découlent tous de cette logique.

Trois gestes que le référentiel demande

Savoir expliquer un refus fait partie du métier

Le référentiel le dit sans détour : expliquer pourquoi on refuse, qu'il s'agisse des écrans ou du respect des rythmes de sommeil, relève pleinement de la posture professionnelle attendue. Ce n'est pas se mettre à dos les parents, c'est exercer son métier. Et c'est plus facile quand la règle est écrite dans le projet d'accueil, discutée à froid, plutôt que défendue dans l'urgence d'un départ le matin.

La stabilité des lieux et des temps que réclame la charte passe aussi par des choses très concrètes : un couchage identique d'un jour à l'autre, des horaires tenus, un rituel de séparation qui ne change pas. Les conditions matérielles du sommeil sont détaillées dans notre article sur le couchage sécurisé.

Questions fréquentes

L'enfant risque-t-il de trop s'attacher à son assistante maternelle ?

Non. Un enfant peut avoir plusieurs figures d'attachement sans que l'une menace l'autre. La charte nationale fait même de ce besoin d'attachement une priorité. Ce qui insécurise un enfant, c'est la rivalité entre les adultes qui l'entourent, pas leur nombre.

La charte nationale s'applique-t-elle aux assistantes maternelles ?

Oui. L'arrêté du 23 septembre 2021 lui donne force de loi pour tous les modes d'accueil, individuels compris. Ses principes doivent être déclinés dans le projet d'accueil, vérifié lors de l'agrément et du renouvellement.

Les écrans sont-ils interdits chez une assistante maternelle ?

Oui pour les enfants de moins de trois ans, depuis la modification de la charte en juin 2025, en raison des risques pour le développement. Savoir expliquer ce refus aux parents fait partie de la posture professionnelle attendue.

Pourquoi parle-t-on de familiarisation plutôt que d'adaptation ?

Le référentiel national de 2025 préfère ce terme : adapter suppose que l'enfant se plie au lieu, se familiariser suppose de prendre le temps de faire connaissance, des deux côtés. Le mot change la façon de conduire les premières séances.

Sources officielles

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