Les onze maladies à éviction
Le guide du ministère de la Santé consacré aux collectivités de jeunes enfants dresse une liste courte et ferme. Seules onze pathologies entraînent une éviction :
- L'angine à streptocoque et la scarlatine, qui en est une forme : retour deux jours après le début du traitement antibiotique.
- La coqueluche : trois à cinq jours après la mise sous traitement.
- L'hépatite A, les oreillons, la rougeole, la tuberculose et les infections invasives à méningocoque.
- L'impétigo, mais seulement si les lésions sont étendues ou impossibles à protéger.
- Deux gastro-entérites bactériennes précises, à Escherichia coli entéro-hémorragique et à Shigella sonnei — rares, et diagnostiquées par coproculture.
C'est tout. Et la décision d'éviction comme celle du retour se prennent sur avis médical, pas sur l'impression de l'un ou de l'autre.
Ce qui n'est pas à éviction, contrairement à ce qu'on croit
La bronchiolite n'est pas une maladie à éviction. Une députée a demandé en 2023 qu'elle soit ajoutée à la liste ; le ministère a répondu que les mesures d'hygiène habituelles suffisent. La varicelle non plus, ni la conjonctivite, ni le syndrome pieds-mains-bouche, ni l'otite, ni la roséole, ni la grippe, ni la rhinopharyngite, ni la grande majorité des gastro-entérites — qui sont virales dans huit cas sur dix.
Cela ne veut pas dire qu'un enfant très malade doit venir. Le principe posé par le Haut Conseil de la santé publique est différent : la fréquentation à la phase aiguë n'est pas souhaitable, même quand le germe ne justifie pas d'éviction. Fièvre importante, vomissements, fatigue marquée, gêne respiratoire : l'enfant est mieux chez lui, par confort et non par règle. La nuance change tout dans une conversation avec des parents.
Ce qui vaut vraiment chez une assistante maternelle
Un point mérite d'être dit clairement : cette liste a été écrite pour les collectivités, crèches et écoles. L'accueil au domicile d'une assistante maternelle n'en relève pas au sens réglementaire. Ce qui s'applique, c'est le contrat de travail.
D'où le conseil le plus utile : plutôt que d'improviser au premier nez qui coule, faites référence à ce cadre médical dans le contrat. Précisez que l'accueil est suspendu pour les maladies à éviction sur avis médical, et que pour les autres, la décision se prend au cas par cas selon l'état de l'enfant. Écrire la règle à froid évite de la négocier à sept heures du matin avec un parent qui doit partir travailler.
Rappelez-vous enfin que l'absence de l'enfant ne change rien au salaire mensualisé : il reste dû. Seules deux exceptions permettent de déduire, détaillées dans notre article sur la mensualisation. Les indemnités d'entretien et de repas, elles, ne sont pas dues les jours d'absence.
